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L'UMP ou le dragon à deux têtes

19 Novembre 2012 , Rédigé par Thibaut

A l'heure où j'écris cet article, l'UMP n'a toujours pas de chef officiel. François Fillon comme Jean-François Copé se sont tous deux déclarés vainqueur hier soir et depuis la situation ne s'est guère améliorée.

Alors que l'UMP se déchire pour savoir qui a remporté ce scrutin, le Parti Socialiste peut bien se moquer. Il y a 4 ans, le scrutin de désignation du premier secrétaire du Parti Socialiste avait connu de nombreux disfonctionnements, dénoncés alors par l’UMP. L’écart entre les deux candidates était alors très restreint et des soupçons de fraude avaient pesé. Il avait fallu recourir à une commission afin de départager les candidates.

Aujourd’hui, c’est l’UMP qui se retrouve dans cette situation délicate. Des fraudes auraient été constaté (dans un des bureaux de vote de Nice, un écart de 128 voix entre les bulletins et les signatures sur les cahiers d’émargement auraient été démontré par des assesseurs des deux camps). Alors que l’écart entre les deux candidats semble très restreint, quelle serait la légitimité d’un candidat élu alors qu’une telle fraude a été constatée ? Faudrait-il demander aux militants UMP de ce bureau de vote de venir voter à nouveau ?

Au-delà de la contestation pure et simple du nombre de bulletins en faveur de l’un ou de l’autre des candidats, le camp Fillon conteste l’organisation du scrutin, tant sur le nombre de bureaux de vote ouverts (650 bureaux pour un corps électoral de 300 000 personnes) que sur l’honnêteté des assesseurs (les délégués copéistes auraient "fait de l'obstruction systématique pour vérifier 5 minutes, 10 minutes, un quart d'heure, dans le cadre d'une stratégie organisée, la correspondance des signatures entre une carte d'identité et une procuration authentique").

Les partis politiques français peuvent bien dénoncer les irrégularités lors des scrutins dans certains pays d’Afrique par exemple ou pousser à ce que l’on envoie des observateurs internationaux pour que constater la régularité de certaines élections, mais ils feraient bien avant tout de regarder ce qu’il se passe chez eux. Le pire est sans doute que l’UMP n’a pas su tirer les leçons de la primaire PS de 2008.

D’ailleurs, comment se fait-il que les assesseurs lors de ce type de scrutin soient des personnes qui sont totalement partiales et qui le revendiquent ? Pourquoi ne fait-on pas appel dans ce genre de situation à des personnes qui ne sont pas militants ? Ou à des observateurs extérieurs impartiaux et dignes de confiance ?

La présence d'assesseurs indépendants aurait peut être permit d'éviter ce couac qui risque de déstabiliser grandement le parti. Peut être aurait-on évité au futur président de l’UMP de devoir prendre la tête du parti dans une ambiance de guerre interne. Et surtout, peut être que ça aurait donné l’illusion aux français d’une droite forte et soudée.

Mais là, rien de tout ça, bien au contraire. Le futur président de l’UMP – s’il finit par être désigné – devra composer avec les tensions actuelles et essayer de reforger l’image d’un parti uni contre la gauche. Il aura beaucoup de travail à effectuer. Mais on peut être optimiste. Personne n’aurait parié en 2008 sur une victoire à la Présidence de la République en 2012 du PS.

Alors je souhaite juste bonne chance à celui qui sortira finalement vainqueur de cette élection.

N'hésitez pas à partager cet article, que vos amis soient de droite ou de gauche. Le plus important n'est pas la couleur politique, mais le débat, tant qu'il reste ouvert et cordial.

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